wrapper

Cela faisait 1 an que j’attendais cette course; ce fameux Ultra marin de 29 kms au départ de Sené . 1 an pour se préparer, 1 an d’espoir de s’approcher du podium, 1 an pour…
L’équipe de Bernard LANDREIN, The Big Boss de l’Ultra Marin a fait , contraint , pour le choix du départ: l’hippodrome de Sené : cela a pour inconvénient la longueur du tour; ce n’est pas celle d’un stade, beaucoup était déjà bien fatigué , au moment de sortir de ce champs d’herbe , pas toujours bien tondu .

Mais par contre comme avantage, nous étions chez nous , entre nous , avec un parking quasiment devant la zone de départ, des gradins à l’ombre.

Quelques photos de retrouvailles avec les meilleurs compétiteurs et copains pour le live de Facebook, un petit speech sur le CNB avec Dominique Nabucet sur le podium , et nous voilà dans le premier sas . derrière nous a peu prés 1 000 marcheurs , ce qui en fait la plus grosse épreuve M N C du Monde , et donc de Bretagne ( ou l’inverse ) .
Georges Mauny , le responsable M N de l’Ultra Marin , après un petit échauffement , «lâche les chevaux» du premier sas , et c’est Laurent Boucher , casaque verte , qui part plus vite que les autres , étirant le premier groupe. A coté de moi , Bart Aben , heureux d’être là , pour sa première visite en Bretagne pour une marche CNB , m’interroge sur l’identité du premier , il ne connait pas encore très bien tous les bretons.
Bart est un des favoris avec Patrick Maréchal , de Reims , qui tranquillement me double juste avant la sortie de l’ hippodrome , suivi de très prés par Jean Luc Heckmann de Strasbourg , le 3ème favori , en l’absence d’Hakim Bengoua , pourtant inscrit , mais apparemment absent , il ne m’a pas encore doublé . Je suis dans les 10 , devant il y a Michel Priol , Nathalie Jaunet accompagnée de Jean Yves Caudal , plus quelques non bretons , que l’on ne connait pas très bien .

Nous voilà à l’ombre dans les chemins boisés , large , ou l’on peut marcher à plusieurs de front , au bout de 5 kms Laurent caracole toujours en tête, le duo Patrick - jean luc le suit à distance, mais contrôle .

Nous sommes sur la partie commune à toutes les courses , seuls les ultra fondeurs du 177kms sont encore en course. On double quelques coureurs du 177 kms , qui marchent ou courent plus très vite, ils ont déjà plus de 20 h de courses dans les pattes.

Holà impressionnant ce courant entre les deux îles , impossible de se repérer quand on n’est pas du coin. On tourne a droite, à gauche, je ne sais plus ou je suis, je suis perdu dans l’espace temps morbihannais . A ma droite l’église de Sené, mais elle devrait pas être de ce coté là! Je ne sais pas ou je suis . Heureusement que le balisage est bien fait. Personne ne se perdra.

Pour cause de Natura 2000 , certaines portions en bord de mer nous sont interdites avec nos bâtons . Mais on voit de temps en temps l’eau à marée haute , cela rend le paysage moins monotone. Nous avons parcouru plus de 9 kms sur la première heure .

On traverse des rivières sur des petits ponts de …pierre.
Jean Michel Wlodyka me double , alors que Bart Aben commence à lâcher , bizarre!
il reviendra surement , la route est encore longue. Moi aussi je ralentis .
Quand tout à coup un bruit anormal de bâtons qui frappent le sol , me rattrape , mais qui cela peut être? D’habitude je regarde pas derrière moi , mais là la curiosité l’emporte. Mais c’est Hakim qui arrive comme une fusée!

« mais qu’est ce que tu fais là? «

« je suis partie sur le 2ème sas , comme cela je fais ma course sans pression , et les premiers ne se méfieront pas de moi»

dit -il tout hilare et fier de lui.

J’en profite pour le coller et remonter sur jean Michel . nous commencions tous à souffrir de la chaleur , on l’a pas vu venir , au départ il faisait relativement frais .
j’ai même fait la bêtise , que je regrette déjà, d’avoir réduit le poids de mon eau.

Et je ne suis pas le seul, et certains sont même partis sans ravitaillement , c’est encore plus radical et risqué. Et les risques n’ont pas payés pour tout le monde .
On longe des marais.

Arrive le ravitaillement au 20 kms, et là surprise, il faut quitter le parcours pour y aller , qui est le fou qui va quitter la course , pour aller manger une orange salvatrice , ou un verre d’eau régénérateur,? et bien pas moi , je le regrette encore .

Un petit passage sur le sable mou d’une des plages du golfe du Morbihan . Cela compense les quelques passages sur bitume.
Je double Laurent Boucher qui n’en peut plus , qui n’avance plus: insolation , déshydratation, je ne discute pas , il a une tête « des mauvais jours» .
Quasiment tous , dans les premiers en ont les symptômes. Sauf ce qui reviennent par derrière comme Eric Boutin , un vendéen , qui marche très bien , d’une façon très détendue, ( comme sa tenue tout a fait à l’inverse de Jean Luc dans sa combi triathlète) , il finira 2ème loin derrière Patrick , il sera classé 3ème Hakim est venu s’intercaler à la faveur du décalage de sas ( chrono par puce ) . Ou comme Bernard SCHREINER, un mayennais qui nous dépassent avec au moins 2 km/h de plus que nous . Il terminera 4ème non sans avoir aidé , avec l’aide d’Hakim , Jean Luc Heckmann 5ème sujet à des crampes, à quelques centaines de mètres de l’arrivée .
Je suis de l’autre coté du Saint Graal , je me jetterais bien à l’eau pour traverser le canal, qui nous séparent des nombreux arches gonflables qui symbolisent l’aire d’arrivée , afin de gagner quelques mètres de marche et surtout pour me rafraichir. Je regarde ma montre GPS: 6.1km/h , j’ai honte , mais j’en peux plus. Tu m’étonnes que tout le monde me double .

Plus loin tout le monde arrive tant bien que mal: Joël Charnasse le sarthois finis 6ème , il avait déjà fait 5 en 2016 , Nathalie 1ère féminine s’est séparée de Jean Yves , et arrive avec Michel Priol , elle gagne pour la 2ème année consécutive , comme Patrick .
la 2ème féminine , Laurence Coathalem a profité dans les 10 derniers kms de l’aspiration de marcheurs tels Hubert Le Pimpec, ou moi, qu’elle a laissé exsangue sur le bord du chemin , super fin de parcours.

Derrière il y a du beau ( ou belle ) monde , Christiane Salvi du Vercors , (qui a un beau palmarès , 1ère du Euro Nordic Vercors 2016 et 2017 , et Ecotrail 2016 , … ) et Apolline Mazureck qui n’a pas tout a fait retrouvé sa forme. En fait c’est quasiment une illustre inconnue qui va prendre la 3ème place: Sandrine Février (quasi , car elle a quand même gagné l’écotrail 2015 , l’année ou tous les favoris se sont trompés ).

Ensuite vont arriver (jusqu’à plus de 3 h après les premiers ) plus de 900 concurrents , sur le Port de Vannes. Une animation que les locaux apprécient ( quoique… pas tous! ) en encourageant tous les marcheurs.

Une petite moralité de cette course , la plupart des premiers sont mécontents de leur résultat , alors que dans la deuxième partie du classement tous sont heureux de leur exploit!!!

Où est le ravitaillement? On a tous soif , et une chaise s’il vous plait, on n’en peut plus.
comme d’habitude une superbe organisation , des bénévoles à la hauteur dans tous les carrefours.
Un remerciement particulier aux organisateurs qui ont déplacés pour nous , l’heure et le jour de la remise des prix , mais surtout qui ont offert à tous les vainqueurs de chaque catégories du CNB 2017 , une paire de bâtons de marque . Merci pour eux .
Je reviendrai l’année prochaine , j’ai un an pour me préparer,un an pour …..  

Didier Guillemot